Cependant, il peut arriver qu'une eau potable soit contaminée par des produits chimiques, des matières physiques et radiologiques néfastes pour la santé de l'homme. Les pouvoirs publics, au cours de l'année 1990, avaient fixé pour 2015, l'horizon pour voir réduite, la proportion des personnes n'ayant pas accès à l'eau potable.
Au Cameroun, selon l'Institut national de la statistique, il y a sept personnes sur dix, environ 69%, qui utilisent une source améliorée d'eau pour la boisson. Quatre personnes sur dix, soit 40%, sont ravitaillées à partir d'un robinet. Les forages et les puits protégés desservent 29% de la population. Cette même population utilise des robinets ; que ceux-ci soient dans la maison (15%), ou chez le voisin (7%), ou les bornes fontaines publiques (18%). Il est cependant de notoriété publique que le robinet (chez soi ou chez le voisin), le puits ou la source protégée et la borne fontaine sont les principales sources d'approvisionnement en eau de boisson.
En 2006 de manière générale, il ressort qu'en milieu urbain, neuf personnes sur dix, soit 90%, ont fait usage d'une source améliorée et, que une personne sur cinq environ 20% de ce même milieu dispose d'un robinet dans le logement. Pendant que trois personnes sur dix donc 29%, ont accès à une borne fontaine publique.
Au cours de cette même année, dans la ville de Yaoundé, 31,8% de personnes disposaient d'un robinet dans le logement, ou dans la cour 9,4%, pendant que 36,8% convergeaient vers la borne fontaine publique. Au bout du compte, la région du Centre ne vient qu'en troisième position sur l'ensemble du territoire national, avec 76% de personnes ayant accès à l'eau potable, derrière le Sud-Ouest 79% et le Littoral 81% en terme de proportion de la population pouvant disposer d'une source d'eau améliorée.
Le traitement de l'eau consommée dans les ménages est un fait assez rare. Selon les sources de l'Institut national de la statistique, dans 88% des ménages, l'eau ne subit aucun traitement pour la débarrasser de ses impuretés. Néanmoins, l'eau de javel ou le chlore et le filtrage avec un linge ou une éponge sont les méthodes les plus usitées par la minorité qui a recours au traitement de l'eau.
Des sources incontestables affirment d'ailleurs que les affres de la pénurie que la population subit actuellement sont d'une part, la conséquence de la longue crise économique qui a secoué le pays, le rendant incapable pendant deux décennies, d'investir dans plusieurs domaines comme l'eau, l'électricité, le téléphone et d'autres secteurs importants. D'autre part, l'inertie des pouvoirs publics camerounais à entretenir les acquis existants. Un travers bien illustré par l'abandon de la station de traitement des eaux de Nkolbisson qui prenait sa source dans la rivière Mefou. La station d'Akom Nyada, qui alimente actuellement les Yaoundéens avec les eaux du Nyong, a désormais montré ses limites. Il conviendrait de noter que l'étiage du fleuve Nyong, dû à la sécheresse, et l'explosion démographique galopante de Yaoundé en avance à la fois sur l'extension du réseau de distribution de la Camerounaise Des Eaux (C.D.E). et sur les capacités de production de la Cameroon Water Utilities Company (Camwater), ne sont pas pour améliorer l'approvisionnement en eau de la capitale politique du Cameroun. S'achemine-t-on vers la réhabilitation de la station de Nkolbisson ? Rien n'est moins sûr les responsables de la Camwater et de la C.D.E se refusant toute déclaration à la presse pour le moment. (allafrica.com)