POUR UNE POLITIQUE DE L’ÉDUCATION DANS LE SYSTEME EDUCATIF CAMEROUNAIS.
La grandeur d’un pays se mesure par rapport à la valeur et à la qualité de l’éducation que reçoivent ses citoyens. La qualité de l’éducation détermine la qualité d’individus à former et qui sont censés prendre les règnes du pays. En d’autres termes, la qualité de l’éducation constitue le lieu où la potentialité du patrimoine humain est valorisée et exploitée. En Afrique noire francophone, le Cameroun est sans doute l’un des pays où l’éducation reste une priorité, mais dont les politiques mises en jeu pour la réévaluation du système laissent à désirer.
Situé en Afrique centrale, le Cameroun, dont la capitale, Yaoundé, a une superficie de 475442 km2, avec 16,5 millions d’habitants (recensement de 2005). Il est, à coté du Tchad, l’un des pays de la sous-région à avoir deux langues officielles : le Français et l’Anglais. Ce qui fait du Cameroun le pays où se pratique le bilinguisme au niveau de la sous-région.
Politiquement parlant, le Cameroun compte dix provinces administratives reparties de la sorte : Au Nord, on trouve l’Extrême nord (Maroua), le Nord (Garoua) et l’Adamaoua (Ngaoundéré). A l’Ouest, on a le Nord-Ouest (Bamenda), le Sud-ouest (Buea), l’Ouest (Bafoussam) et le Littoral (Douala). Et enfin au Sud, on trouve le Centre (Yaoundé), l’Est (Bertoua) et le Sud (Ebolowa).
Ces dix provinces influent dans une certaine mesure sur la manière d’organiser le système éducatif au niveau national, en ce qui concerne les études supérieures. Avec ces 16 millions et demis d’habitants, le Cameroun compte six (6) universités publiques : Buea, Douala, Dschang, N’Gaoundéré, Yaoundé (I et II) et Maroua, et plus d’une dizaine d’universités privées, notamment l’Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC), l’Université Protestante d’Afrique Centrale, les complexes universitaires de Siantou, de Ndi Samba, etc. Outre ces universités publiques et privées, on note la présence de plus d’une quarantaine d’écoles et d’instituts publics et privés reconnus par l’Etat camerounais.
La présence de ces universités et écoles constituent un atout pour le Cameroun. Du point de vue de la formation, le Cameroun est un miroir de et dans la sous-région. D’ailleurs, la plupart des écoles et instituts supérieurs censés former les cadres de la sous-région se trouvent au Cameroun. C’est autant dire que le Cameroun est à l’état actuel, le pays qui accueille plus d’étudiants immigrés venus d’autres pays d’Afrique Centrale et d’Afrique de l’Ouest. Mais au-delà de tous ces atouts, on assiste à une certaine irrégularité dans la répartition des écoles et dans l’organisation éducative. Voir le rapport portant sur le système éducatif datant de 2009 : http://www.poledakar.org/IMG/pdf/Synthese.pdf
Tout d’abord, il sied de noter que le bilinguisme dans le système éducatif creuse une inégalité. Dans le système francophone, les enseignements du cycle maternel et primaire durent 10 ans, alors que le système anglophone le fait en 9 ans. De même, le bilinguisme tant vanté n’est que de facettes, dans la mesure où justement 78% de la population s’expriment en français et 22% en anglais. L’anglais est d’ailleurs et donc moins valorisé. D’ailleurs, les étudiants anglophones (venant d’une université anglophone) ont du mal à s’intégrer dans une université où le français reste la langue majoritaire (Yaoundé, Dschang).
Ensuite, la configuration des universités, écoles et instituts (privés et publics) laissent transparaitre une répartition inégalitaire. La plupart des ces universités et écoles semblent se concentrer sur des grandes villes (Douala, Yaoundé). Ce qui fait que les villes de Yaoundé et de Douala concentrent en elles- seules, les 2/3 des étudiants, des universitaires et des grandes écoles. Ce sont donc des villes où l’exode rural est le plus perceptible.
Enfin, la prolifération des universités, écoles et instituts privés n’ont pas contribué ou du moins ne contribuent pas à poser les bases de la construction et des transformations sociales. Les fondements éducatifs sont sapés au seul profit du capital (bénéfice). Et à cela, il faut ajouter la corruption. Ce qui remet en cause la validité des diplômes obtenues et des formations suivies.
Au Cameroun, comme d’ailleurs dans la plupart des pays de l’Afrique centrale, l’éducation solide semble flexible. Le système éducatif est victime de la politisation de tout l’espace public. L’absence et le manque d’un militantisme estudiantin capable de soulever et de faire bouger les choses ont conduit au scepticisme, à une « intelligence prédatrice », incapable de soumettre le fruit de sa réflexion à un examen critique et à une critique sans complaisance.
Au moment où on parle de mondialité, de mondialisation et de compétitions dans le savoir faire, on assiste au Cameroun, à une « irruption désordonnée d’établissements privés d’enseignement supérieur qui, pour la plupart, offrent des formations parkings ne débouchant sur aucun avenir professionnel véritablement compétitif », il est impérieux, votre urgent qu’une politique d’éducation fiable soit mise en place pour consolider les acquis de nos traditions et poser les bases d’une société véritablement humaine, capable de relever les défis du lendemain.
Marie MATONDO KIMANI
emakim2002@yahoo.fr